La délicatesse

La délicatesse est un terme que j'utilise beaucoup pour parler de mon travail, mais il est légèrement ambigu car il amène à deux interprétations : il recoupe deux sens différents, qui peuvent être cependant complémentaires.

La délicatesse est un raffinement de la forme. Dans mon cas elle s’applique aux végétaux que j’emploie.
Elle est alors une constatation : des structures fines, des tiges frêles, des pétales légers ou des graines subtiles.

C’est un des aspects de mes fragments végétaux qui m’inspire car il se rapproche de l’univers du bijou, notamment. Les éléments que je glane sont petits, parfois des morceaux d’un tout plus grand (un pétale d’ hortensia versus son inflorescence) plus les éléments sont petits plus ils nous rapprochent de la structure originelle de la plante, en nous livrant des détails, sa structure, sa finesse.

Mais la délicatesse est aussi associée à la fragilité, l’aspect temporaire, l’impermanence, ce qui n’est pas solide, résistant.
Cet aspect et très intéressant car il peut tout à fait se combiner au premier sens, mais parfois il est trompeur. Nous pouvons croire que ce qui est fin, léger, subtil et forcément fragile, temporaire, mais certaines structures végétales offrent plus de résistance au temps, à la pression, à la manipulation qu’on ne l’imaginerait au premier abord.

Certains éléments que je récupère sont parfois très petits mais ça ne dit rien de leur composition, leur structure, leur solidité.

En combinant ces différents matériaux végétaux je participe à la tromperie de l’observateur, je mets en scène des compositions qui vont souvent convoquer une notion de fragilité alors que ce n’est pas toujours le cas, ou bien c’est la composition qui est fragile mais pas ses composants. A vous de voir !

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