Le détail

Comme vous l’aurez remarqué, je suis passionné par les détails, les petites échelles, les zoom. Pourquoi donc ?

Ne croyez pas que c’est une démarche longuement réfléchie : c’est tout l’inverse !

Cette manière de regarder, de travailler de créer, s’est imposée à moi depuis des années. Déjà à la fin de mes études à l’école des Beaux-Arts de Rennes j’avais conçu pour mon diplôme un livre unique, écrit et illustré par mes soins, saturé de détails et de minutieuses illustrations.

Je ressens le besoin de travailler en détail même pour créer de grandes pièces : ainsi la structure de base, minutieusement élaborée, sert d’appui à une réalisation plus importante, sans jamais perdre de son élégance, de son rythme, de sa régularité.

Fourrés (1990)

Ça c’est pour la méthode.

Pour ce qui est de la raison, elle est multiple. Mais la première qui me vient à l’esprit est le goût de l’identification, de la compréhension.

Voir un arbre, une plante, m’apporte du plaisir, surtout lorsqu’il s’agit d’un végétal inconnu pour moi. Mais au-delà de l’apparence c’est son identité qui m’importe. Quelle est cette plante, sa structure, sa forme ? Qu’est-ce qui en fait sa singularité, son caractère ? Pourquoi a-t-elle cette silhouette, cette découpe, pourquoi ses capsules ou ses graines ont une forme si particulière ? De la forme de ses feuilles, de ses pétales, de ses graines, à sa structure, ses fibre et nervures, tout m’intéresse et me nourrit.

Chaque élément, chaque réponse me rapproche de sa spécificité. C’est les détails qui nous disent l’identité. La forme ne suffit pas. Aussi, vous comprendrez que lorsque je m’intéresse à l’hortensia, par exemple, ce n’est pas tant pour la couleur de ses inflorescences, voluptueuses boules rose ou bleu-violacées, mais pour la forme de ses pétales, leurs nervures, le tissage de ces fils végétaux qui créent cette dentelle incomparables.

Le détail n’est pas bien sûr la seule vérité, il en va de même pour nous : la forme générale, l’allure, la posture disent des choses de la plante, de sa santé, de sa vie. Mais pour affiner la lecture et se rapprocher de la vibration du vivant, il me faut me rapprocher, et c’est ainsi que je vous invite à apprécier mon travail : en vous rapprochant !

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